Directrice générale du Conseil Économique et Tourisme Haut-Richelieu depuis 2016, Mme Erica Zoia possède un CV des plus impressionnants. Elle a travaillé plusieurs années à l’international avant de revenir s’établir à Saint-Jean-sur-Richelieu, ville qu’elle connaissait déjà puisque sa famille s’y était installée au début des années 2000.

Quel est votre rôle au sein du Conseil Économique et Tourisme Haut-Richelieu?

Je suis directrice générale et j’ai donc un rôle de gestion, coordination, prospection et leadership.

Auprès des entreprises, plus concrètement, quel est votre rôle?

Le conseil économique, dans sa mission, accompagne les entreprises manufacturières déjà implantées. On ne fait plus de démarrage d’entreprises comme on en faisait avant.

À quoi ressemble votre parcours personnel?

J’ai un BAC en planification et gestion touristique que j’ai utilisé jusqu’au début de ma carrière. Ensuite, j’ai commencé à travailler dans des entreprises plus spécialisées avec un parcours de planification, commercialisation de produits, marketing. J’ai été chef de projets, gestionnaire de ventes, toujours à l’international, puis chef d’équipe, en direction et en direction générale. C’était vraiment un parcours étape par étape.

Avez-vous eu un mentor au cours de votre carrière?

Oui et je crois que c’est fondamental, surtout par compétence ou par secteur d’activité. Dans ma carrière, j’ai toujours eu quelqu’un qui m’a «coaché» plus techniquement selon les secteurs d’appartenance. Il est important pour un jeune entrepreneur d’être curieux, de savoir écouter, surtout au début, il faut savoir participer. Mon meilleur mentor pouvait être mon compétiteur direct ou quelqu’un qui travaillait directement sur le terrain alors que j’étais gestionnaire.

Comment, selon vous, on choisit un mentor?

Selon la compétence recherchée. J’ai aussi toujours choisi des personnes en fin de carrière. Pas des spécialistes ou des consultants, toujours des personnes actives en entreprise.

Quelle est votre vision de l’entrepreneuriat?

Je vois l’entrepreneuriat comme la réalisation du rêve de quelqu’un, comme la base et la santé de l’économie. Je vois qu’au Canada, les entrepreneurs s’investissent dans un projet dès leur jeune âge, contrairement à bien d’autres pays. Dans différents pays, l’aile jeunesse de l’entrepreneuriat est réservée à ceux dont les parents ont beaucoup d’argent ou qui connaissent quelqu’un qui connait quelqu’un. Ici, c’est le contraire, on a toutes les opportunités qu’on veut, beaucoup d’argent disponible de la part du gouvernement et des institutions financières, mais parfois il nous manque juste un peu pour entamer nos démarches.

Ça m’amène à vous demander, vous qui voyagez beaucoup dans le cadre de votre travail, comment voyez-vous St-Jean par rapport au reste du monde?

Je ne vous ai pas dit encore, mais je suis née dans une famille d’entrepreneurs. Nous sommes des investisseurs au Québec et en particulier des investisseurs à St-Jean. On a choisi St-Jean-sur-Richelieu parce que c’était la seule ville qui était à proximité de Montréal qui avait un gros hôpital, toutes les écoles nécessaires, située à côté des États-Unis, toutes les infrastructures étaient là, c’était propre et sécuritaire, les prix à l’époque étaient abordables, le style de vie était bien. On savait que si on avait besoin de quelque chose de plus spécifique, on pouvait aller à Montréal. Le rapport qualité de vie/prix était très équilibré.

Qu’en est-il point de vue entrepreneurial?

On a de très belles entreprises et des entrepreneurs très stimulants et très innovants. J’ai d’ailleurs complètement changé d’avis à ce sujet depuis que je suis en poste. Les citoyens de St-Jean ne connaissent pas la vraie réalité du tissu entrepreneurial d’ici du tout.

Quand vous dites innovants, à quel niveau surtout selon vous?

Je dirais développement de technologies, développement d’approches et flexibilité de production. Cependant, nous sommes extrêmement mal considérés par le reste du Québec. On n’a aucune réputation ou celle qu’on a n’est pas bonne. Quand on parle de St-Jean dans la communauté d’affaires, la première réaction des gens est de dire que c’est loin de tout. La seule exception est notre collège militaire, qui est reconnu à travers le monde.

Tranquillement, on commence à parler de St-Jean comme une ville plus connectée. Ou voyez-vous la ville d’ici, disons, les 5 prochaines années?

Si on est capable d’écouter, de travailler en concertation et qu’on ne manque pas le train, St-Jean sera d’ici 3 ans une terre d’accueil. D’ici 5 ans, la ville sera probablement sur la carte au niveau mondial pour des compétences spécifiques en sécurité et défense.

Pensez-vous que les jeunes entrepreneurs pourraient prendre part à cette belle aventure?

Je pense que oui, parce qu’on travaille tous les jours pour créer un écosystème pour retenir et attirer des talents et des investissements. L’industrie de la sécurité et défense touche un peu tout le monde et tous les secteurs, que ce soit informatique, vêtements ou métallurgique par exemple.

Pour terminer, si vous aviez un conseil à donner à un jeune entrepreneur, quel serait-il?

De faire une expérience dans un monde plus difficile pour se rendre compte de comment aller plus vite dans son propre pays.